Daily Archives: 12 janvier 2010

IN AMERICA

Dans mon grand objectif de vie de faire la gueule autour du monde (déjà Amsterdam, la Guadeloupe, Berlin, Londres, le Brésil et toute
l’Italie en si peu de temps! On pourrait faire le Amazing Race Edition Débauchée!) je reviens donc de cette fabuleuse concentration de micro-fantasmes qu’est New-York, et par extension les
Etats Unis… cette fameuse ville méga idéalisée dans les séries qui s’y déroulent à la Friends (Moooooooorning’s heeeere) ou Sex & The City bref un tas de petits machins véhiculés qui me
donnaient sérieusement envie de pouvoir enfin y mettre les pieds, j’ai donc l’occasion de faire ma Carrie Bradshaw pour le coup – je devrais arrêter de me donner des comparaisons féminines parce
que ça créé des ambiguités dans certains commentaires – Petit rapport de voyage, au cas où ça passionnerait les foules, c’est un évènement culturel comme un autre.

Et autant dire de suite que c’était bien. J’aurais eu l’opportunité de tout refaire et m’installer là-bas… je serais loin de refuser d’office. En tout cas pour un futur Erasmus, c’est
une destination qui se fait. (D’ailleurs j’espère vous parler du Québec le plus tôt possible, autre destination de rêve assez proche)

muf

Petit préambule qui va bien et qui donne le ton : globalement, je n’aime vraiment tout ce qui concerne de près ou de loin un aéroport. Les consignes de sécurités
avant d’embarquer, la douane, les allers-retours dans les portiques de sécurité en enlevant ses pompes, sa ceinture, sa veste, etc etc – les heures d’attentes parce qu’on pense être prévoyant mais
on est juste très très en avance, le fait de devoir marchander telle ou telle place dans l’appareil pour réunir les familles, les chiourmes qui… font leur boulot principal tout ça. Bref autant de
paramètres qui me gavent encore plus quand un petit crétin décide d’essayer de marquer le coup dans un vol Amsterdam-Boston et n’arrive au final que crâmer sa propre tronche… du coup la psychose
était encore plus présente au retour. Présente? Dans l’imaginaire absolu, puisque les mesures concernaient les vols vers les USA. Du coup je déboule 5 heures en avance à Newark
grrrrmblbl.
Fun fact assez mystérieux d’ailleurs, j’ai tendance à foutre des malédictions sur les hubs et les lieux de transit que je fréquente. Avion TAM vers le Brésil? Le même appareil se crashe
violemment à Rio en an plus tard. Guadeloupe? Le temps de partir et c’est la révolution. Attentats dans le métro Londonien juste après l’avoir quitté. Gros bordel à Newark le lendemain de mon
retour, bref je suis un élément passif à poisse et je paye pour maudire des connaissances à vous, si vous voulez.

Donc me voilà à JFK le 23 Décembre, 8 heures du matin et j’ai pas dormi depuis une bonne vingtaine d’heures, fin prêt à affronter une première journée d’exploration totale. Bonne nouvelle et
premier fantasme confirmé : il fait au moins -10 et c’est enneigé. De partout. J’aime la neige, je la bouffe au petit déjeuner comme Jessie dans Pokémon et elle me le rends bien, bref
cette ville, sous 15 centimêtres de neige c’est un délice. Elle a pas tenu des jours mais suffisamment pour avoir un White Chrismas, ce qui ne nous arrive jamais! Et quand on parle de ça, j’ai
rarement vu un endroit autant dans le « trip » Noël. Pas même en Bavière. Si In God We Trust dans les billets, les américains sont toujours autant dans l’esprit « symbolisme de fin d’année ». Vous vous
posez quelque part pour manger, impossible de ne pas entendre des chants de Noël comme Drummer Boy. L’armée du salut est partout, les bonnes oeuvres sont partout, les organismes de charité
chrétienne deviennent encore plus omniprésentes, pratiquement tout les commerçants ont un bonnêt de Noël, les Hotêls de luxe font le concours du sapin-qui-vaut-le-plus-de-milliards et je vous parle
pas de l’activité. Fatalement, je l’ai pas vraiment fêté cette année mais je vous défie d’aller un jour sur la cinquième avenue, Broadway et Times Square entre le 23 et le 28. Châtelet un Samedi
Férié? Que dalle. La Ligne A vers l’est un après midi de semaine? Peuh! Le métro Japonais? On s’en fout ils ont pas d’âme!
Une réelle ambiance donc, pas toujours pour la bonne cause mais une joyeuse ambiance. Si vous avez maté un Maman j’ai raté l’avion vous voyez probablement ce que je veux dire… et tant
qu’à enfoncer les portes ouvertes oui, y’a ce patriotisme ambiant. Le stars and stripes règne en maître dans les lieux publics, c’est d’ailleurs la dernière chose qu’on voit puiqu’il vont jusqu’à
les mettre au dessus du portique d’embarquement mais hé. En faisant le joyeux émerveillé devant les illuminations lasers dans la gare, je voyais en coin des policiers qui offraient des bonbons aux
enfants. Chris Esquerre serait là, il prendrais un air obtus en disant « Hmm. C’est mignon. »

Bref parlons un peu de l’esprit de la ville. Quand je vais dans un endroit tout neuf mon objectif premier et d’essayer de piger ce que peux ressentir un autochtone,
quelqu’un qui vivrait tout les jours ici. Niveau classe sociale c’était pas méga représentatif car j’étais resté à Manhattan mais évidemment ce qui transperce les yeux c’est un certain gigantisme.
On est limite déçu en sortant de l’aéroport : on prends le taxi avec son hindou qui pige pas un brin de votre anglais foireux, et le parcours jusqu’au centre ville n’a rien de glamour – en même
temps c’est pas comme si notre périphérique avait beaucoup d’utilité touristique et de sex-appeal. Hôtel Metro donc, à coté de l’Empire State Building et à trois mêtres de chez Macy’s. En fait,
l’idéalisation s’accentue en montant dans la ville sans dépasser Harlem : Downtown est plus attirante pour ses gros clichés comme le Brooklyn Bridge, le ferry pour Staten Island et sa dame de fer
bis et d’autres trucs finalement mineurs comme Wall Street. Tout le quartier de Greenwich Village est un peu chiant, Soho est un poil décevant et les bonnes boutiques de musiques étaient fermées le
25 Décembre, sans grandes surprises. Duh! J’ai tendance à préfèrer le nord et sa collection de buildings, le Rockfeller Center, le Chrysler, l’ESB et sa petite ribambelle de beaux immeubles qu’on
voit dans les ouvrages d’architecture, les musées et omg Central Park.

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Le méga-fantasme. Si Friends c’est d’abord ses immeubles résidentiels vers Gay Street où on peut se mettre à la fenêtre et chaaaaaaaanter le maaaaaaaatin, c’est aussi
le fameux Central Perk, situé à des kilomêtres des lieux qu’il parodie, CQFD. C’est la joie. C’est blanc, les lacs sont gelés, la nature est en fête, les adultes s’embrassent, les enfants sont aux
fenêtres, bref sans les jolis ponts où tout le monde se pique la nuit ce serait le parfait endroit idyllique, et c’est monstrueusement GRAND. Personne ne faisait son jogging car là c’était synonyme
de glissade et de décès intempestif mais c’est la promenade parfaite au soleil pour chanter et danser la vie. Vie qui vous ratrappe rapidement puisque c’est là que j’ai reçu des SMS pour Noël (à 15
heures de l’après midi haha) MAIS c’est le pur endroit idyllique que je conseille fortement. Suis allé saluer le lieu de mort de Lennon (littéralement à 3 mêtres de chez lui et c’est assez glauque
en y repensant) et j’ai conspué la statue des héros de Lewis Caroll pour les tendances douteuses qu’il pouvait avoir. Il manquait que les poneys qui font des cacas en forme de papillons – mais
suis-je bête, y’a le zoo de Central Park avec ses ours polaires. Vous savez, l’intrigue de Madagascar part de là… des ours polaires.

Autre lieu de fetish fuel : Times Square! Après Picadilly Circus et peut être avant Shibuya, le grand lieu gigantissime où tout clignote était un passage obligé. Pourquoi? On ne voit
ça nulle part.
Un endroit n’a pas nécessairement intéressant pour son coté culturel, mais là c’est juste 500 mêtres de panneaux publicitaires qui pètent violemment les rétines et des boutiques
qu’on ne trouve plus nulle part ailleurs! Un Lewis Store et ses chemises de bûcheron! Un MnM’s store! Même j’aime pas ces trucs, c’est parfait pour faire une réserve de MnM’s rouges puique le
colorant guérit les blessures de la moëlle épinière (si j’en croit les question de 1 VS 100…) Un Planet Hollywood! Le fameux coin de toit qu’on voit dans tout les jeux vidéos où on fête le nouvel
an avec sa fameuse boule qui descends!

Parlons un peu des gens. Le New Yorkais cliché a un espèce d’interrupteur caché qui switche automatiquement selon son mode de transport. En voiture, c’est le mode berserk qui ridiculise aisément
les grandes villes italiennes. Y’a une mentalité bien spéciale : le feu est rouge pour toi, si t’es sur le bitume tu deviens invisible et les voitures s’en foutent, elle continuent de rouler, tu
vas bien finir par courir. D’ailleurs certains hésitent pas à déborder et à démarrer un peu avant ou après, mention spéciale au taxis qui sont fort nombreux et fort bourrins. La nuit c’est pire :
les gens deviennent dingues et hurlent, les automobilistes klaxonnent et de fort belle façon – comme si en morse ils voulaient dire « AAAAAAAAAAA » et ça prends cinq minutes, et ceci n’est pas une
exagération. Ils klaxonnent vraiment pour que dalle, c’est un peu la fête du string tout les soirs. Sinon les gens prêchent dans le métro (parce que Christ est mort pour vos péchés, vérifiez) ou
gueulent tout seuls dans la rue. Dans les magasins, les commerçants sont formés pour être sympas : on vous demandera systématiquement si vous avez passé une bonne journée. Du coup, dans un contexte
international comme un aéroport, vous allez vous prendre un petit sourire mignon si vous êtes l’un des rare à donner une réponse correcte ou qui fait un minimum familière et usuelle… et rien de
plus sympa. Tu achètes un truc, quand tu repards on te donnes du « guys » et ça aussi c’est assez unique. Faut parfois redemander de repêter un truc, des fois des gens se foutent un peu de ton accent
qui peut transpercer comme un petit alien qui te sort du bide mais généralement le dit gusse à une tronche portoricaine cliché et est encore plus incompréhensible que toi donc haha. C’est le
melting pot, en temps que touriste tu en fais un peut partie et le broken english est une langue à part…

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Tiens tiens parlons un peu de ce qui nous intéresse : le poste. Allumer une TV aux Etats Unis est quelque chose d’assez héroïque. Rester concentré sur quelque chose
est un petit exploit personnel, comprenez bien que les rumeurs sont vraies mais c’est que des joyeux euphémismes, il y a une page de pub toute les 10 minutes, inexorablement. Vous matez un film de
90 minutes? 9 Coupures pubs. Toujours les mêmes pubs reloues et surchiantes, à la limite du matraquage. Ils ont pas de téléachat puisqu’il est directement inséré dans les réclames, la moitié des
spots étant des étalages de produit avec un numéro à appeller et tout ça. Et ça dure minimum 5 minutes… imaginez vous en train de regarder joyeusement SpongeBob sur Nick en fin de journée. Entre
chaque épisode vous avez les mêmes pubs crétines et hallucinantes qui penêtrent votre cortex… à la fin vous ne raisonnez plus qu’en paillettes, chaussures qui vous envoient dans l’espace et des
trucs très nuls sur le papier mais qu’il font tout pour mettre en valeur comme des tapis pour glisser chez soi…. vioooool mental.
En parlant de télé. Saviez vous que si on se plante à la dernière question de Who Wants to Be A Millionnaire, on a droit à une musique qui fait frissoner un peu?

En rentrant de Londes j’avais sorti qu’on s’emmerdait pas mal au Tate Modern. Et ben joie, le MoMA est bien plus aguichant pour l’oeil et les sens. Si le musée Guggenheim n’acceuillait que des
Kandisky (bof!) le Museum of Modern Art, en dehors de sa déjà franchement prestigieuse collection de Matisse/Liechtenstein/Picasso/autre machins jouissifs, acceuillait l’exposition Tim Burton! Et
là les enfants c’est l’excitation totale et le retour en enfance immédiat. Enfin… faut faire la queue à huit heure du mat si vous voulez avoir une place car c’est comme à DisneyLand, tu attends,
tu t’éclates cinq minutes et tu achètes des goodies à la fin. Tu découvres StainBoy, son univers, des croquis et tu te rends compte que certaines personnes sur DeviantArt ont le même génie mais
sont juste inconnus.
Elément ô combien essentiel même si on mange très peu comme moi : la bouffe. J’ai du passer huit jours à manger des pizzas et des sandwiches préparés. Et vous savez quoi : j’en avais toujours pas
marre à la fin. Eventuellement, si on veut vivre dans le luxe, on va dans le truc qui te propose TOUT et tu payes au poids, soupes et petits fruits frais compris, c’est génial et ça dépanne bien.
On y retrouve même la fameuse boutique « Prêt à manger » qui n’est pas Britannique mais bien… anglophone! Alors me voilà bien forcé de faire un beau présent de vérité général : nos sandwichs clubs
sont tout pourris. Même si t’as l’impression de dépenser des milliards – 8 dollards pour un sandwich bien présenté mais un peu dégueu avec son avocat et ses céréales au goût trop prononcé,
peuh.

Dépenser son fric a des fins geekesques est pas évident dans une ville ou ce genre de tendance est pas super criant. Il n’empêche que la 5è avenue est remplie de petits boutiques généralistes qui
vendent des mangasses pas traduits en Français (11 Dollards pièce ça fait MAL) mais je vous conseille nettement la boutique « The Universe » sur la 33è rue : Quelques mangas, beaucoup de comics, pas
mal d’accessoires. Notre Album mais en plus grand et plus spécialisé – et la caissière est loin d’être vilaile. Les clients sont assez bizarres aussi, un me en coupe afro est rentré en hurlant je
sais pas quoi. Donc du coup j’ai surenchéri en dansant et chantant Jungle Boogie qui passait à la radio, ça me paraissait cohérent.

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L’inévitable photo de loot! Cette tradition inexplicable où l’on expose au monde son précieux butin, monde qui va légitimement s’en foutre 3 minutes après… mais ô
combien nécessaire.

Je résume : bonnes boutiques, bons musées, gens agréables mêmes si ils font un peu peur parfois à parler tout seuls et à faire de grandes exclamations. J’y retournerais pour approfondir le coté
« musical et sportif » de la ville. Parce que s’arrêter aux barrières du Madison Square Garden c’est plus de 9000 frustrant.

Et nan, n’en déplaise à la réceptionniste, je n’ai pas dépensé 30 Dollars pour un porno. C’est juste la femme de ménage qui essayait de me PIEGER.

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