Daily Archives: 9 octobre 2009

Tu en as un joli lapin

Hop, nouvelle bannière, cette fois réalisée par mes soins et j’ai fait l’effort d’utiliser à peu près correctement UNE fonction de
Gimp. Je voulais faire un dégradé blanc sur les deux cotés à la base mais j’ai tellement galéré que ce résultat m’a paru très acceptable. Je suis
d’accord d’ailleurs, c’est mon avis et je le partage, voilà !

Aujourd’hui petit billet nostalgique un peu spécial. Je pense que vous serez d’accord avec moi si on peut définir la « nostalgie » dans le cadre d’un dessin animé qu’on a aimé avec 10 ans en moins,
et bien j’ai eu la chance et l’honneur de redécouvrir un truc assez fabuleux, que je n’aimais pas vraiment en temps réel. En gros j’aurais pu être nostalgique du futur, c’est fou!


http://www.tvchitchat.net/images/animaniacs1.jpg

Et c’est là qu’on peut remercier l’été et ses vertues chianlesques. Boomerang, dans sa grande mansuétude nostalgique, a diffusé chaque jour vers 14 heures un épisode des Animaniacs, épisodes qui n’avaient pas l’air fort
nombreux puisqu’on retrouvait les mêmes en l’espace d’une quinzaine de jour… mais épisodes de fort bon gabarit. A vrai dire, lors de la diffusion originale vers le milieu des 90’s
(vous savez, Nirvana, The Verve, Dawson et Buffy toutes ces choses fantastiques) ces trois personnages me laissaient un
peu de marbre : globalement, je trouvait la fratrie Warner un peu moche. Blancs et noires, contrastés comme ça avec leurs favoris, ils sont un peu vilains, on dirait des
clowns. Et rien de plus effrayant, nous sommes d’accords. Même en temps réel les trois personnage ne faisaient pas très novateurs : des espèces d’animaux anthropomorphiques, le grand sage, réfléchi
et cultivé, le petit turbulent crasseux et l’inévitable figure féminine pour ne pas aller dans le machisme. Rajoutez à celà un psy

Faut dire qu’à coté y’avait les Tiny Toons, petits gentils et un peu barjots aussi, c’était
difficile de mater l’un quand on venait de découvrir l’autre, c’est comme adhérer à un clan ou une église au détriment de son rival. Tu mates l’un mais tu y restes sinon c’est l’hérésie
mentale.
Évidemment je dis n’importe quoi mais tout ça pour dire que c’est un truc qui se regarde bien mieux avec une décennie de plus. Ces temps-ci, vous allez en souper des « X+10 ans » donc autant
entamer joyeusement avec quelque chose à l’humour universel. Ouaip, quand tu est tout bambin tu matais les Animaniacs pour leurs bouilles rigolotes ou pour des séquences
méga
sophistiquées où, par exemple, Wakko captivait  toute une salle d’opéra en rotant, ce genre de trucs. Aujourd’hui, regarder le même show serait
presque plus intéressant, tant il est paradoxal quand à son cahier des charges et son public. Tout est fait pour que tout le monde soit captivé, d’une manière ou d’une autre, comme Bob
l’Eponge qu’on évoquera dans les livres d’histoires dans deux ou trois siècles. Ce serait cool.

En fait ce dessin animé accumule un certain nombre d’incohérences… de contenu. Des incohérences joyeuses hein, pas dans le sens technique, on est dans un dessin animé on s’en fout un peu
des trucs qui n’ont pas la bonne échelle. Non, on ne sait pas vraiment où donner de la tête tant les objectifs et le contenu semblent différents. Si on résume formellement, c’est un ensemble de
courts métrages entrecoupés de petites saynètes, prise au hasard parmi une poignée de mini-séries. Générique, dessin animé au choix entre les frères Warner, Minus et Cortex et tout le
tremblement, puis un « bien, pas bien » ou « l’instant mime », petites pastilles assez marrantes de minimalismes. Bref le show gardait une cohérence d’ensemble bien sympa et ne
s’éparpillait pas sans pour autant cultiver une demi douzaine d’univers différents. Le contenu en lui même était relativement classique mais intelligent car il s’amusait à parodier tout ce qui
est
amusant à parodier, comme les stars névrotiques, les clichés du dessin animé en général, les personnages aux formes aguichantes et les gimmicks qui vont avec
(quand les deux mecs nous font du « Saluuuuuuuuut Nounou! » Dot fait plutôt dans le « Saluuuuuut Mel Gibson! »)

Parodies de phénomènes de société, parodies des films à la mode ou tout simplement des autres production Warner, les personnages conciliaient bien les phases classiques,
scato et profondes, de quoi satisfaire tout le monde. La mécanique est jamais très différente : la fratrie se pose quelque part près d’un évènement/personnage historique célèbre et
tout le monde en prends pour son grade. Voilà pour le fond, la forme n’étant pas trop dégeu puisque des gens relativement bien dessinés, même si je ne suis pas très fan du style, j’aime bien

la succession des jeux de mots à la Devos. Et si je me tiens devant vous pour dire ça, c’est parce que si
j’étais derrière, vous m’aurez pas vu.


Au delà des petites pitreries du genre, certains épisodes se concluaient de façon miraculeuse : ils nous éduquaient. Je n’invoque pas ce mot par hasard, puisque que comme vous le
savez les dessins animés véhiculait des gentils propos un peu voyants, tout ce qui est entraide, POUVOIR DE L’AMITIE, tolérance tout ça – d’autres se targuaient de carrément vouloir
nous éduquer (grâce aux bons conseils de Sonic je ne monte plus jamais dans une machine à laver en phase essorage, merci Sonic) mais non, les Animaniacs, eux,
nous faisaient la leçon dans le sens le plus académique qui soit, et madre de dios, ça marche bien.

 

Voilà, c’est fini, ça reste dans la tête pour deux semaines. Vidéo hypnotisante,
ritour
nelle bien connue de tous mais bien utilisée. En la matant une demi-douzaine de fois (car OUI, on a envie de la
remater tout de suite là maintenant) je suis plus calé sur les Etats et Capitales Américaines qu’une bonne partie des écoliers
locaux. Scoop : Las Vegas et Los Angeles ne sont pas des capitales, remplacées respectivement par Sacramento et
Carlson CityMontpellier n’est pas qu’une ville du sud de la France mais aussi la capitale du
Vermont. Maintenant je suis incollable sur la chose, ça ne sert à rien mais ça prouve juste qu’en rajoutant des petits sons de xylophones bien placés, tout devient plus
drôle et coulant à apprendre.
Cette vidéo est même encore diffusées dans certaines classes avant des interros de Géographie, ils en ont de la chance les écoliers américains, dommage qu’ils ne savent
pas pour autant placer le Royaume-Uni sur un planisphère!

Bien sûr les Etats Américains ça ne nous concerne pas des masses (pour crâner en haute société
c’est imparable) mais il existait un certain nombre de chansons qui couvraient pleins d’autres domaines : la chanson sur les Etats du monde – des gens sont encore en train de chercher les erreurs en oubliant que cette vidéo date de 15 ans – mais aussi la chanson des présidents
Americains, ou la carrément philosophique et déprimante comptine sur l’univers, où Yakko sort brut de pomme « qu’il n’existe pas de vie dans
l’espace mais c’est peut être une erreur », je trouve ça assez étonnant d’honnêtet
é et de pragmatisme dans une époque à
moitié révolue où tout est n’importe quoi peut être pris comme subversif par les censeurs.

Ah… les censeurs. La cible principale des Animaniacs, faut dire que le show est tiraillé entre deux instances bien différents : diffusés sur la Fox qui était déjà ce
qu’elle est aujourd’hui (mais quinze ans en arrière) et la boîte de Spielberg, qui est la première à s’en amuser. C’est là qu’intervient la
fabuleuse Roue de la Moralité, séquence nécessaire pastichant les différents shows qui nous prenaient en quatre yeux et nous disaient de ne pas voler nos parents, sous peine de mort.

✩ Un best of de cette merveille! ✩
C’est l’heure… « de se payer la tronche de Disney Channel? De perdre du temps? De faire pleurer les censeurs de la chaîne? » … personne de pigeait ce genre de remarque
avec une dizaine d’années. Surtout quand Dot sort « Ca me rends toute chaude et mouillée » c’estunpeuvoilàdonc.
Mais réussir à faire passer…
« Si tu te lêve et te couche tôt, t’est en bo nne santé mais t’est asocial » ou  » Si tu n’as
rien de gentil à dire, c’est qu’il y a forcément une bonne raison » … pour des morales universelles, je dis banco. Des personnages sympa qui t’incitent à aller voter
plutôt que de ne pas mettre les doigts dans la prise, c’était ne pas nous prendre pour des cons et c’était, qui plus est, inédit.

D’autre part, regarder les Animaniacs dix ans après prends tout une autre saveur car le show (et encore plus en VO, la traduction coupe un peu de verve
fallacieuse en chemin) est particulièrement nourri en blagues et suggestions que le premier spectateur visé sera incapable de comprendre. Prenez par exemple le top 11 du Nostalgia Critic prévu à cet effet.

J’ai moi-même mis un peu de temps à p iger le numéro 1 du lien ci dessus. Si on passe le
replay de la scène, attention ralenti

Dot : « I found Prince »!
Yakko : « No no no no no, fingerprints« 
Dot : « … I don’t think so« 
Le mot fingerprints voulant dire empreintes digitales, dans le contexte il est comme confondu avec ce qui serait le verbe … doigter. Avec Prince, la blague n’en
devient que plus cohérente, et ça passe sur les écrans tandis que les censeurs râlent encore pour un James de Pokémon déguisé en nana, comme si
ça allait remettre en cause la sexualité de l’humanité.
Le show fourmille d’un grand nombre de vannes subtiles, tellement subtiles que les débusquer sera toujours accompagné d’une petite récompense, satisfaction d’avoir pigé une vanne sur les doigts
d’honneurs, les fesses, les nichons, le saikse et toutes ces choses de la nature qui ne plaisent pas aux parents puritains de têtes blondes. C’est ça la magie du truc :
vulgaire mais tellement subtil. Juste après, on s’est tapés les machins bourrins mais propre de partout. Personne ne s’en cachait, les blagues salaces étant souvent pontuées d’un « Good night
everybody! » assez ravageur. C’était le bon temps, qui perdure encore aux States vu que ces salauds ont des DVD.

Dire que la génération d’avant a été encore plus comblée avec cette espèce de culture du « débile génial » avec Ren & Stimpy, le show qui te
viole l’esprit avec ses cinquante détails marrants et crétins à la seconde. Comme Bob l’Eponge mais décuplé dans le non-sens.
Mais cette séquence quoi. C’est de l’or en barre.
Peut être que Ren est quelque part en train d’être triste… 🙁 je vais le rendre heureux gnéhé
BONHEUR BONHEUR JOIE JOIE.
J’apprendrais ta grand-mère à sucer des oeufs!

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