L’histoire sans fin (avec des grandes oreilles)

Hopital Charité Toussa : « Tu peux aussi faire leveler ton humour et améliorer ton second
degré


En attendant des sujets un peu plus sadiques, je reste dans une perspective très « otaque de
bac à sable… »
Je suis au désespoir ! Je viens de terminer le 59è tome de Detective Conan (ou Meitantei Conan pour les inconditionnels.) Seulement voilà. Cette phrase sonne comme si je venait de boucler la série,
que je tapais à chaud mes réactions sur l’ultime tome et la saga en général… après tout, des mangas, je n’en ai pas beaucoup terminé, la petite émotion qui vient avec est encore intacte.
Le symbolisme et les chiffres liés à la série avec ne vont pas se chercher très loin : le manga vient de fêter son quinzième anniversaire et sa soixantaine de Tomes – ce qui n’est pas si épatant
que ça pour un Shonen publié en France par Kana (Naruto et Death Note, entre autres. Attention, les trois ne sont pas pour autant prépubliés par la même magazine au japon)
… mais que nenni, ce 59è tome n’est qu’un chapitre parmi les autres.
La publication Japonaise en compte
64 et aucune
fin n’est annoncée pour le moment. En tout cas, elle n’est même pas suggérée par la tournure des évènements.

Donc question. Que fait-on avec 60 mangas? Reportage d’investigation. « Nous entrons dans la chambre de Concombre, là où aucune caméra n’est encore jamais allée… nous illustrerons nos propos
avec des fabuleux montages Paint… »

Empilés, cela approche le mètre et ça dépasse la taille standard des personnages de Fort Boyard. Alignés, ils font une tapisserie chamarrée et originale pour votre tapis de sol.
« Tout les matins, je marche sur mes Detective Conan, mes ampoules se guérissent d’elles même! »
Pesés, cela donne le chiffre fort amusant de 6,9 Kilogrammes, et il faudra trois boîtes à chaussures minimum pour les transporter. En les ouvrants, on peut parcourir environ 650 chapitres de 11000
pages, soit près de 160 affaires et autant de coupables, dominés dans l’ensemble par les femmes fatales et les hommes qui portent le prénom « Akira »
(Sachant que Death Note est publié par Kana aussi, ah ah. Hum.) 

Maintenant l’instant « Juste Prix! » Prenez un set guitariste de base, avec une guitare bas de gamme, un ampli Marshall 15 Watts et une pédale d’Effet Zoom G2. De l’autre, prenez l’intégrale
Conan, qui fait le plus gros trou dans votre compte épargne?
Avec 330 brouzoufs contre 325, c’est Detective Conan qui revient le plus cher à suivre. Bien sûr, c’est de l’argent étalé en une demi-décennie, j’ai comme beaucoup de monde suivi cette série comme
étant l’une des premières qu’on achète. Ce qui prends beaucoup de temps et d’argent, mais la série ne se termine jamais, on est bien obligé d’acheter la suite pour justifier tout les achats
précédents… en espérant qu’elle se finalise un jour.

L’histoire au cas où vous ne connaisseriez pas le truc : Shinichi Kudo est un détective lycéen qui se trouve toujours au bon endroit, au bon moment dans un Japon où tout le monde semble vouloir
trucider son prochain. Il se ballade joyeusement avec sa copine Ran quand il résout une énième affaire qui va l’impliquer dans les « Hommes en Noir », organisation secrète et malfaisante (en quel
sens, j’en sais plus grand chose) qui va lui administrer une drogue, résultat : 10 ans en moins et une apparence de gnome. Il doit donc retourner à l’école primaire, se faire des petits amis têtes
blondes et va continuer, malgré tout, son hobby de justicier en résolvant des crimes, avec pour couverture le père de sa copine, Kogoro le détective raté. Shinichi adopte « Conan Edogawa » comme
pseudonyme et c’est parti pour une interminable succession d’enquêtes (parfois réellement passionnantes) où le coupable utilise toujours un stratagème démentiellement recherché et « Mr Bricolage »
pour se couvrir les arrières.
Comme souvent il y a la trame de fond (la recherche et l’enquête sur ces fameux hommes en noir qui adoptent des noms d’alcool comme pseudonymes) très rarement mise en parallèle avec les meurtres
élucidés. Le schéma ressemble à « 20 meurtres sans importance scénaristique, une affaire qui fait progresser le scénario, et retour en début de cycle »

Le problème c’est que la série de progresse pas, elle s’étoffe sans avancer. De nouveaux personnages débarquent, principalement des « commissaires » qui seront là en fonction de la région du meurtre
et qui occuperont surtout la noble fonction de tapisserie. Conan, lui, se fait une bandes de potes (ce qui donnera des petites aventures collégiales rarement intéressantes) qui se complétera avec
une blondinette qui s’avèrera être une ancienne scientifique de la fameuse organisation – elle aussi rajeunie par le même poison.
En 60 tomes et 15 ans de scénario estampillé Gosho Aoyama, les principaux arcs n’ont pas évolué d’un pouce, et ont à peine débuté pour ainsi dire. Ran ne sait pas que ce gosse détective sorti de
nulle part n’est autre que son amoureux, et l’enquête sur cette associations de malfaiteurs-lobby-Evian ne donne rien, vu que chaque nouveau protagoniste appartenant à ce gang se fait
automatiquement exécuter.
Dans pas mal de mangas (que ce soit dans les shonens ou chez Kana uniquement) les auteurs prennent le parti du temps passé dans le scénario et font grandir ses personnages. Ici, dans un scénario où
l’âge des persos prends une pertinence inhabituelle, ils sont tous enfermés dans une bulle temporelle et ne grandissent pas d’un pouce. On dirait que l’auteur avait d’ores et déjà en tête la
longévité de sa série naissante : quand bien même Conan a 7 ans au début du manga, il en aurait aujourd’hui 22, donc concrètement 32 ans de vécu. On s’éloigne du héros de shonen type qui ne dépasse
pas la vingtaine…
Ironiquement, la série étant très étendue dans notre temps bien à nous, le style de dessin et le design des personnage évolue significativement. Les personnages ne grandissent pas mais s’affinent,
ce qui est assez perturbant… et le genre policier, rare dans le manga, mélange le style délibérement cartoon des début avec des scènes cadévériques bien glauques : sang, pendaisons, noyades,
plein de bonnes choses.

La série n’est est pas vraiment une, on parlerais presque d’un feuilleton, d’une saga, le manga s’apparente plutot à une succession d’affaires sur-compliquées où l’imagination du mangaka est mise à
rude épreuve, avec des mécanismes, des mobiles, des « messages cachés » toujours plus inventifs. L’interêt c’est surtout les scènes de crimes, et le lecteur peut se tenter le défi impossible de
trouver le coupable et l’explication technique et scénaristique adéquate. « Impossible » car malgré les indices distillès le raisonnement à avoir est souvent TRES tiré par les oreilles, mais jamais
surréaliste pour autant. Les « explications » étant à base de simple physique/réaction en chaîne à la « Incredibles Machines »
Problème donc : coté policier sympathique sans prise de tête, mais sans trame de fond – et il faut bien
sûr accepter les raccourcis, le fait que les persos mettent les pieds dans un meurtre toutes les cinq minutes (pas trop de souci de cohérence donc) et autres marques de fabriques du shonen bourrin.
Le souci du dévellopement des persos étant relatif : jeune gosse facétieux, adulte débile en comparaison, et la fille qui est là pour les quotas. N’oublions pas que nous sommes dans une fiction qui
vise les jeunes ados, les « plus vieux » étant libres de lire des trucs plus poussés.

Le coté « enfantin » de Detective Conan est bien sublimé dans sa version anime, diffusé en 2005 sur la case jeunesse de France 3 (pour ceux qui goutaient en attendant Fullmetal Alchemist sur Canal !)
… et c’est le drame.
Le format « épisode » fragmente encore plus le non scénario, un zode = une enquête, fidèle au manga ou pas, les épisodes originaux étant largement plus pauvres que les autres.

Les persos sont encore plus moches, on ne remarque que leurs oreilles cyclopéennes, c’est
très mal animé, un peu feignant, les arcs narratifs sont complétement occultés… et la censure veille. Plus une goutte de sang, les impacts et jets étant remplacés par des effets de lumière. Les
doubleurs parlent une demi seconde à la bourre et l’opening est à prendre au
quinzième degré tant il est what the fuck et nous rapelle les plus beaux génériques des années 90

(Notez le sublime massacre de l’anglais dans les fansubs de la vidéo)

« Qui est le plus sidérant? CONAN
Le plus beau et séduisant? CONAN »

WOW, calmez vous les gars, il a peut être des lunettes aux formes chalereuses mais il n’a que sept ans dans les faits…
Anime pas génial du tout mais qui passe bien quand on est dans le public visé, manga sympathique mais interminable… ce qui nous ramène à la question « Quelle est la durée idéale d’un shonen, et
d’un manga par extension? »
J’en sais rien. Je suis juste fatigué de ce truc. Par définition, personne n’aime terminer une série appréciée. Le rythme de parution français est anarchique – parfois un tome traduit huit mois
après, de quoi oublier les enjeux immédiats du tome précédent… donc d’avoir du mal à commencer le nouveau… donc trouver que la série globale manque d’interêt. Pas de bol, l’équivalent d’une
XBOX 360 Elite a été englouti avant, et allez trouver quelqu’u pour refourguer votre pelletée de mangas, quand bien même au tiers du prix original…

Allez Gosho, bouge toi, ça commence à bien faire cette histoire.

Et allez chez tonton Amo, il s’est lancé dans une saga informative sur les
éditeurs/producteurs/mangakas, bref toutes les figures connues derrière ce qu’on aime lire et regarder.

Et ça s’y engueule allégrement. Comme dans Secret Story : illustration des pouvoirs en présence… ça donne envie de faire des petits schémas pour illustrer les
affinités et les liens/manoeuvres quasi-politiques entre les blogs otaques. Un comparatif serait marrant à faire. A voir !


This entry was posted in Non classé. Bookmark the permalink.

5 Responses to L’histoire sans fin (avec des grandes oreilles)

  1. Zoneur says:

    OMG, je savais pas que Conan c’était un adulte rétrécie ! 😮 Tu viens de m’apprendre un truc sur cette série dont je ne connaissais rien, ce qui n’est pas dur :p

    Massacre de l’anglais ET du français « C’est le plus beau est séduisant ». Mauvais français retranscrit en mauvais anglais, c’est beau.

    Sinon, la longueur idéale d’un shonen ? Si bien mené, une 20aine/30aine de tomes c’est bien je pense 😮 Sauf si ça continue à roxer, mais faut finir, sinon ça part en couilles. :<

  2. NDW says:

    « ça donne envie de faire des petits schémas pour illustrer les affinités et les liens/manoeuvres quasi-politiques entre les blogs otaques. »

    Si jamais tu t’emmerde pendant l’été. . . Ce serait sans doute très marant à regarder

  3. Nashi says:

    Toi, tu va finir par te faire caillouté la tête par des otaks en colére =D
    Pour un bon shonen je pense que ça se joue plus sur le nombres d’avancé dans le scénario, de renouveaux dans la série quoi que sur la durée en elle même. C’est pour ça que par exemple One Piece malgré ses 50 tommes reste toujours aussi agréable à lire.

  4. Ubik says:

    Tu as bien du courage de tenir jusque là, moi j’ai arreté au tome 20/21…

    Au passage: One Piece est publié par Glénat et non Kana 😉

  5. Ubik says:

    Pas de soucis ! 🙂

    Mais c’est vrai que Kana a des séries à rallonge et pas dans le bon sens du terme. Genre Hunter x Hunter … Shaman King qui est partie en sucette! Yuyu Hakusho aussi je crois, Slam Dunk ça allait, Naruto qui est partie pour une longue épopée, etc.