Daily Archives: 18 juillet 2009

Party game du pauvre

VDM : Aujourd’hui, je rentre dans un RER qui … prends feu

Bonheur, joie, mâtin, le blog fête ses trois ans d’existence physique.
Maintenant que M6 a fourgué son Pékin Express historiquement chiant (une équipe avait la possibilité de gagner le truc avec la somme de… zéro euros. C’est vachement intéressant) la petite chaîne
qui ose nous fourguer plus de pub que les télés américaines nous a mis un autre programme fraîché du matin pêché… chez les japonais. L’occasion de parler un peu du format initial, après tout ça
faisait longtemps que je n’avait pas évoqué une japoniaiserie télévisuelle.

Parce qu’il en faut de la bonne pour contrer une chaîne qui va faire entrer un chien candidat à la mairie de Marseille dans son jeu de real-tv.

Les waponais ont, avec les améwicains, la formidable capacité à allier le jeu télévisuel et le jeu tout court. Oui, bon, certes, le début de la télévision Française, Intervilles, Fort Boyard tout
ça, mais c’est quand même bien autre chose qu’un bras de fer filmé avec Guy Lux. Non, eux ont inventé le « jeu vidéo télévisé » – parce qu’ils ont réussi à démocratiser le jeu de plate-formes… en
vrai.
Pour définir le jeu de plate forme et le transposer à la TV, on va prendre le format vieillot, en 2D, avec un point A et un point B à rallier, plus des obstacles et des trous à éviter, la
quintessence de la plate forme jusqu’à la deuxième moitié des années 90. D’où le fantasme : comment prendre un type qui traverserait une zone infestée de pièges, avec des boules à éviter, des
tourniquets qui vous font tomber dans la boue, des ennemis qui vous sautent dessus, und so weiter? Impossible n’est pas japonais !!
Le délire se concrétise avec Takeshi’s Castle (du nom du réalisateur japonais, Takeshi Kitano, en guest-star dans le film Battle Royale) l’objectif tiens sur un ticket Mobilis : une vague de japonais déjantés veulent prendre d’assaut le château. Dans cet
esprit noble et conquérant, il devront traverser moult épreuves un peu débiles et jouissives, l’échec étant synonyme d’élimination. Les participants étant une centaine au départ, il y en a toujours
pour l’épreuve finale impossible à gagner (le gain en cas de victoire étant totalement inconnu) ce qui sonne un peu « Fort Boyard » comme ça. Mais les épreuves sont tellement sorties de nulle part
(faire la boule dans un panchiko géant, se lancer dans une série d’obstacles à la Donkey Kong) et l’ambiance étant tellement décalée, avec ses personnages récurrent débiles (dont le fabuleux
Colonel, maître du jeu, qui motive ses troupes pour mieux les défoncer sur la bataille finale) que cela en devient passionnant à suivre. Les candidats sont toujours sur-motivés dans leur
participation, leur VIE est en jeu, c’est toujours un bonheur de les voie pousser un petit cri de guerre incompréhensible.

Pourtant, dans l’éventualité que l’émission serait compréhensible et non doublée, on ne verrait que des gens qui se vautrent dans la boue en rigolant. L’intérêt ne serait réduit qu’aux chutes des
protagonistes, le tout atteignant une dimension « Vidéo-Gag » vite fatiguante. Quel est donc le petit ingrédient mystérieux qui fait que je vous parle d’un truc découvert il y a une trentaine de
mois?
… la version française de W9. Dans le cadre de l’émission « Menu W9 », Benjamin Morgaine et Vincent Desagnat sont égaux à eux mêmes (donc joyeusement régressifs) et commentent les images. Ces
commentaires, du moins au début de la « reprise », étaient particulièrement… cons dans le bon sens du terme. Il n’y a rien à commenter, donc rien à dire, c’est du remplissage au meilleur de sa
forme, surtout quand vous êtes shooté au sirop contre la toux. Vous regardez les japonais se rétamer, vous pensez à un truc débile, et vous l’entendez immédiatement par notre joyeux duo issu de la
bande à Mikaël Youn (qu’on entends plus beaucoup?) Cela ajouté avec un sens de la dérision sur un format original qui le cultive bien, ça donne des noms d’épreuves du genre « L’épreuve finale ou on
comprends rien » où on « Sort d’un anus géant pour aller défoncer des rondelles en papier » … c’est plein de promesses.
… et tout ça à donné la fabuleuse épreuve de la pierre molle! Et voici un extrait, parce que je suis super gentil, je vous épargne deux clics sur daily. D’ailleurs, le premier qui n’a pas fait acte de paresse me jette la première pierre
molle.
Cependant, « Takeshi Castle » reste un jeu à l’ambiance très familiale, où on regarde les gens se prendre des gadins dans la bonne humeur, avec des obstacles « rigolos » et une animation
« rigolote ».

Le succès de la succession d’obstacle étant prouvé, ils sont passés à la vitesse supérieure. Un show d’HOMMES. De force pure. On enlève les sourires, cette fois le format est hardcore. On prends
une succession d’obstacle à franchir, en compliquant le tout, dans le sens où les parcours sont infiniment plus longs, les obstacles plus « vidéoludiques » mais donc plus compliqués. Et dans le même
esprit, une chute = une élimination. Pour gagner le pactole, il faut traverser plusieurs niveaux… toujours plus surréalistes. Tant et si bien que les gagnants du truc se comptent sur les doigts
de la main. Une main sévèrement amputée… regardez plutot cette vidéo proprement hallucinante.

 


Ce mec est un GUERRIER.

Ces deux émissions de courses d’obstacles pures sont « Viking » et « Ninja Warrior », vous dégagerez facilement les thématiques « scénaristiques » des jeux respectifs. Les principes sont les mêmes, seuls
les obstacles changent. Sur la vidéo, on voit un homme faire la totalité du parcours de Ninja Master. Et le sens « parcours vidéoludique » prends tout son sens, le pécheur ci dessus surpassant
largement la force et l’habileté du Prince de Perse ! On remarque plusieurs choses : le premier stage, de jour, est déjà sévèrement sélectif, nombre de gens se plantent sur la toute première
séquence avec leurs pieds bots.
Mais regardez le troisième stage. Une dizaine d’obstacles dont la difficulté ne s’évalue plus que dans le domaine de l’abstrait, et je ne dit pas ça parce que je suis nul en grimpé de corde. La
prestation demandée est hallucinante, olympienne oserais dire avec tout le premier degré dont je suis capable. La difficulté est telle qu’on regarde surtout le show pour espérer y voir un jour un
niveau supérieur, et voir jusqu’où l’imagination des « architectes  » du truc à bien pu aller. Il n’empêche qu’il est toujours amusant de voir des gens faire et refaire les tout premiers passages, la
chose s’enchaînant assez bien avec un rythme bien maîtrisé. L’autre émission, « Viking », a été diffusée un temps sur JET, vous savez, cette chaîne très éphémère qui ne diffusait que de la
call-tv.

Seulement voilà. Le network anglais à flairé le truc, à mixé un peu les deux. Ils ont produit une « course d’obstacle » « familiale et rigolote à la vidéo gag ». Ils ont nommé le truc Total Wipeout et
ont laissé mariner quelques instants.
Ca na pas manqué, M6 à chopé le concept et à produit sa propre version, sans changer le nom par ce que M6 n’aime pas trop PRENDRE DES RISQUES. (C’est comme ça qu’on se retrouve dans un « Pékin
Express » … à Bali) et c’est en matant les bandes annonces que je me dit « chic chic, on va rire un peu ».
Et quelle débauche mes amis. J’aurais dû faire confiance à mes instincts primaires. Adaptation française = moyens divisés – humour aléatoire – interêt du même acabit.


Un extrait de la version originale. Rassurez vous, on a gardé les gilets de sauvetage. Pour plus de sé-cu-ri-té.

Première diffusion il y a cinq heures sur M6. C’est encore Stéphane Rottenberg qui occupe cette case du Vendredi soir, bien installé dans le poste avec son charisme et son sourire saillant. Nous
nous retrouvons en Argentine… WAT? Pourquoi en Argentine? On est encore dans Pékin Express? D’ailleurs, l’ami Stéphane adopte tout les tics vocaux des realts-tv de la chaîne, que ce soit des
repompages de la Nouvelle Star « Ils-sont-cinq-candidats-il-n’en-restera-plus-que-quatre » ou de Pékin Express « les candidats accéderont à la GRAAAAANDE finale. » Serious business.
C’est donc un superbe ratage qui commence. Rottenberg et un mister Météo de la chaîne (on sait à l’avance qu’il va être très lourd) sont devant le fond vert le plus évident du PAF, à enchaîner les
vannes les plus inexistants qui soient (c’est un bel enchaînement de non-humour en fait) et interviennent toutes les cinq secondes pour commenter n’importe quoi sur tel ou tel candidat. Car oui,
une fois de plus, en France on se SENT OBLIGE de « portraiser » le candidat, même si c’est pour lui coller en deux seconde la dernière des anecdotes (« bonjoureuh, je m’appelle Rogerg Carbangbois, je
suis paysagiste et j’aime porterg la moustacheug. »)
Bref problème de rythme immense. Ce qui n’est encore rien face à la vacuité du contenu.

Le principe : 24 candidats font un parcours d’obstacle, un round les divise en deux, encore deux autres jeux et il-n’en-reste-qu’un qui gagne la somme de dix mille brouzoufs. Mais le parcours en
lui même est … français. C’est à dire sans aucun moyen. C’est comme à Koh Lanta, trois bouts de bambous. Tour d’horizon : une glissade, trois pneus, un mur « qui cogne », des trucs rebondissants
commentées comme étant « Les fameuses grosses boules que le monde entier va nous envier » (sic.) et un saut de corde. Le tout dans un décor surpauvre et dans une ambiance de mort. Dans la version
jap, vous avez la foule qui HURLE, qui acclame, les personnages du jeu qui foutent le bordel, ici on n’a que les commentaires idiots de la potiche du coin qui arrive à prononcer des mots encore
moins pertinent que ceux d’Ariane Massenet. Si si.
Tout les candidats font le parcours, si ils se plantent il traversent un peu de boue à coté (ce qui est encore plus rapide directement) et les meilleurs temps passent à l’étape suivante.
Le montage est soporifique comme jamais, dommage dans un jeu « d’action » ! Un candidat se présente, reportage sans intérêt, sketches sans intérêt des commentateurs, et lancement dans un parcours
sans intérêt dont le budget est déjà majoritairement passé dans l’avion argentin.
Les candidats sont des quiches, ne réussissent rien, pataugent des heures dans la boue, ce qui donne des séquences de vide, donc des commentaires de remplissage, bref tout ça est assez pénible à
regarder. Les fameuses « grosses boules » sont les stars de la soirée et l’attention des principaux jeux de mots, il y a mêmes des séquences dédiées, des replays de replays, et même des bonus sur
Internet.
Vient la deuxième étape, ressemblant furieusement à un mini-jeu de Mario Party. Les candidats sont surèlevés sur une plate forme et doivent éviter de se faire éjecter par un tourniquet qui fait
penser à une machine à baffe géante. Ca pourrait être intéressant à regarder mais le monteur pratique l’auto-digestion : il fout, refout et rerefout les mêmes images. EN BOUCLE. Quelqu’un tombe, on
va automatiquement se taper 15 replays pour se remémorer cette chute rigolote dans la joie et l’allégresse !

L’ambiance y est tellement amorphe que le Mister Météo fait des référence à la discographie de Jeanne Mas. Les candidats, eux, continuent leur bouzin et exposent leurs motivations « C’est pour mes
enfants que je fais ça. Hugo, Théo, Léa, soyez fiers. » Et ben. On sent l’ambition derrière tout ça. J’imagine les CV « Je me suis planté à Total Wipeout, je suis trop puissant. »
Troisième étape de sélection, avec des noms d’obstacle à faire frémir Alan Ball « Les traversins glin-glin » et les « Parpaings crétins ». Je suis sûr qu’ils ont hésité avec les « Traversins zinzins »
mais que c’était trop dangereux voire engagé.
Tout ça s’enchaîne de façon très pénible jusqu’à l’épreuve finale, de nuit, aussi épique qu’un jeu d’intervilles actuelles. Comme pour ses consorts étrangers, la dernière étape se fait de nuit,
avec des jets de flamme et de l’eau omniprésente.
Quand on voit que le programme est sponsorisé par le Park Astérix, on comprendre tout de suite que le show est imaginatif comme une reproduction d’attraction lambda… là où les équivalents
étrangers rendaient la chose épique est passionnante. Mais là, impossible à regarder, sans intérêt, problèmes évidents de rythme, aucun budget, tics français énervants. Je suis très très déçu.
Impossible de savoir comment il espèrent meubler tout l’été avec autant de vide… sauf en espérant récupérer les gens qui se jettent sur le premier truc venu pour attendre Secret
Story.
Pour la peine, je vous jette des pierres molles et des lapins parpaings crétins.

Sinon, mon post pour l’imminent quartier libre de l’éditotaku est prêt.
Vais-je me faire flamer par l’élite de la nation? Probablement. C’est bien plus drôle.

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