Daily Archives: 12 juin 2009

Racoleur versus efficace

Toute ressemblance avec Shaman King est purement fortuite

La bonne nouvelle c’est que la plate-forme Overblog fait preuve de souplesse. Désormais, au lieu de devoir analyser et
triturer le code HTML de la page, un petit module flash à fait son apparition pour personnaliser le design que je vais pouvoir modifier un peu. D’ailleurs j’essaie de vous trouver une image de fond
un peu plus potable.

La mauvaise nouvelle c’est qu’une fois de plus je vais faire preuve de très mauvais goût dans ce post. Rapport de matage : un manga, un anime, des grosses ficelles dans le bon sens du terme, des
grosses ficelles dans le mauvais sens du terme, Longcat contre Tagnol, Ying contre Yang tout ça.
On va commencer par le truc à pourrir car il bien plus facile de flamer quelque chose que de l’encenser…

J’entendais déjà parler de Batte Royale depuis quelques temps, mais confondais toujours cette saga avec Destination Finale, cette suite de film où une bande d’ados est vouée au massacre par des
moyens… peu cartésiens (crâmage dans une cabine UV entre autres) avant de me rappeler que c’était « cette histoire de classe qui s’entre-tue sur une île ». BREF.
Récemment, ce manga prenait des occurrences sataniques : à l’Epitanime déjà, où on a tenté de faire un JDR éponyme. Trop long. Trop de préparations, le maître du jeu parlait comffe si il affait une
pattaft dans la boufche et il fallait filer pour des occupations plus urgentes, juste le temps de constater qu’on m’avait attribué un fusil à canon scié comme arme, ce qui était par-fait au
demeurant. Plus récemment j’ai pu lire le titre de ce manga dans divers forums, et le simple fait d’évoquer ce manga semblait instantanément échauffer les esprits… en bon amateur de
sensations faussement fortes je me dis « OH la belle controverse… » et je me renseigne sur le pitch. Effectivement : un « japon »
totalitaire et un poil futuriste, où le « gouvernement » organise des tueries organisées et médiatisées dans des classes de 3è tirées au sort. Il ne doit en rester qu’un et il est invité à la fermer
jusqu’à ce que le programme, ou jeu
pour les joies de l’euphémisme, reprenne dans un
nouvel endroit tenu top secret. Tout ça dans le but d’effrayer les autres.

En bon mec un peu TROP curieux je suis attiré par le bouzin, pour plusieurs raisons qui n’étonneront pas grand monde :
– La simple évocation du mot « jeu » dans un manga
– Encore et toujours le processus d’élimination… pour la première fois au sens strict du terme. Le coté « Oh oui qui serait le sole survivor » avec les enjeux scénaristiques habituels – un
personnage X qu’on va développer juste avant son exécution, des caricatures, des solidaires, des brutasses, des révélations etc. En gros, avoir un quarantième, un trente-neufième… et un premier.
En essayant d’oublier qu’on applique ce raisonnement sur des ados qui s’entre-tuent, bref.

– L’aspect malsain du truc. Comme pour Funny Games, le coté « oh oui payons nous une
bonne tranche d’ultraviolence » … en l’occurrence c’était une leçon, sur Battle Royale ça va rapidement être un simple prétexte…

J’achète donc joyeusement les deux premiers tomes. Je suis généreux, ils sont édités par Soleil, 100 balles les deux tomes alors que j’avais trouvé un site de scantrad la veille, je m’efforçais
donc de respecter les prérogatives des grands pontes du genre. Le téléchargement, c’est mal, voyez.

J’ouvre donc le premier tome, tout de noir vêtu et portant fièrement le « public averti ». OH SHIT.
C’est moche. Incroyablement moche. Je n’ai pas ouvert un nombre conséquent de séries différente, jusque là je me cantonnais à un style relativement universel, mais le dessin de Battle Royale se
démarque par sa mocheté, comme si le dessin était à l’image du reste. Les personnages ont des TETES DE GONDOLE. A tout les niveaux. Les gros plans sont multipliés, et j’avais parfois l’impression
de retrouver ces caricatures immondes qu’on retrouve parfois sur les quais de Seine. Les personnages sont vilains,
ont des yeux ENORMES ils ne sont jamais à leur avantage avec cette surenchère de morve, de larmes, de liquides et miasme nasaux divers, et de toute façon ils finissent toujours troués et
donc – fatalement, encore plus moche. Le pire c’est que ce style se rapproche volontairement du cartoon pour un contenu gorissime. Ces persos moches sont entourés par des décors moches, ou
apparaissent des effets graphiques moches (« petites étoiles », feuilles volantes) et les quelques personnages physiquement potable ont de toute façon les morts les plus atroces qui soient.

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  Moundir serait là, il dirait dans sa grande mansuétude « C’est une assemblée de pains d’épices! »
Ils sont tous très vilains. Et ils vont tous mourir. Sauf le héros O RLY?

Justement. Le principe fait qu’on pourrait suivre au hasard les tribulations de chacun, un qui se fait descendre, un autre au hasard, etc. MAIS NON. On prends d’ores et déjà un héros, le héros le
plus cruche et tarte qui soit, qui protège la bien aimé de son meilleur pote et PAF : vous avez le deux survivants du truc. Et oui je viens de spoiler le manga sans vergogne. J’osais espérer que
cette accentuation massive sur ce personnage deviendrait une illusion rapide, mais non, l’auteur nous spoile volontairement ce qui pourrait être « l’intérêt » du truc. Le manga raconte surtout
comment les autres se dézinguent entre eux.
La narration donc. Quand on regarde Koh-Lanta et qu’on voit le portrait d’un candidat, on se dit avec raison « celui-là il va sauter » (la prod se sentant OBLIGEE de foutre des portraits, mais de
n’en mettre que deux par zode, logique oblige) et ben là c’est pareil. La moitié du manga, outre le coté survie, est consacrée aux petites bribes de vie d’un tel et d’un tel. L’objectif étant de
s’attacher un peu aux persos avant de les voir sacrifiés, seulement voilà, les seuls persos étant un tant soit peu charismatiques sont rarissimes. Je pense notamment à ce pauvre otaku qui va
comprendre sa douleur. (A ce propos. Matez Oz. Même procédé mais mieux traité. A des kilomètres)

Le courageux lecteur va donc se taper cinquante fois les mêmes passages redessinés « OH OUI je dois me souvenir de mon meilleur pote amoureux de la fille que je dois protéger d’ailleurs je ne pense
qu’à ça et c’est lourdingue » et les quarante anecdotes rarement utiles sur chaque persos. Persos qui auront tous leur moment de bravoure avant de mourir dans d’atroces souffrances, au service « du
gouvernement » dans la manga, et au service de je ne sais quelle morale pour le lecteur. Oui, on est sensé se « rendre compte de quelque chose » d’après les postfaces de l’auteur. Moi je me suis
rendu compte qu’il y avait une scène de viol sorti de nulle part (c’était presque comique) dans les vingt premières pages et que certains passages de cul (avec du späirme et des baïtes toussa)
n’avaient absolument rien à foutre ici. 
Certains passages sont nawakesques (vous comprenez l’idée) au possible, du genre « Je concentre mon ki… KAMEHAMEHAAAAA » euh ok pourquoi pas kikoo lol kthkbye et d’autres sont juste …
caricaturaux dans leur traitement. Bref. BREF. Trop. Trop de POUVOIR de l’AMITIE, partout, tout le temps, à toute les sauces, surtout dans un contexte de tuerie, c’est juste du mindfuck. Je passe mon tour sur la dénonciation de je-ne-sais-quoi avec « ce putain de jeu du putain de gouvernement » (sic) parce
qu’il est 1h57 du matin et je pourrais commencer à écrire des conneries et me faire violer par Christine Lagarde, bref tout ça est très dangereux et je vais passez rapidement à autre chose.

Voilà, j’ouvre un manga pour des raisons malsaines et me voilà bien puni. Mais si vous aimez voir un héros s’extasier en permanence sur les vertus de l’amour fraternel vous pouvez y aller
hein.
Heureusement j’ai commencé un anime bien plus réjouissant. Grosses ficelles aussi, le genre d’anime qui vient vers vous et qui hurle « je veux être le nouveau phénomène bourrin après FMA et Death
Note! » mais il le fait tellement biiiiiiien.




Vorsicht : scène d’amitié virile à prévoir

Suspense : cette fois je parle de Soul Eater. Pitch rapide : des manieurs, des armes, des sorcières, et VOILA. Sur le papier c’est bien mais pas top et pourtant.
J’évoque des grosses ficelles car Soul Eater en anime a toute les caractéristiques d’une anime efficace, issu d’un manga efficace, au scénario efficace et aux personnages efficaces (je vous laisse
deviner le mot-clé dans cette dernière phrase)
Univers fantastique gentiment rationnalisé, de quoi tous nous faire pas mal fantasmer (non mais ÊTRE une arme quoi. Quelle classe) Bases scénaristiques tout ce qu’il y a de plus classique, on peut
éventuellement avoir un peu peur devant les premiers mangas au dessin un peu hasardeux. Et pourtant.
A l’inverse du compatriote manga décrié si dessus, Soul Eater peut se targuer d’avoir une superbe collection de personnage.
Soul en lui même : désinvolte donc classe. Sa manieuse, Maka Albarn (comme Damon, CQFD) est une héroïne qui ne tape pas sur les nerfs, Black Star qui je suppose est une parodie ouverte de Naruto
mais qui est volontairement mégalo et lourdingue, Death The Kid qui pue. la. classe. et la brigade du fanservice aux gros attributs est bien là avec les jumelles, Tsubaki, Blair et le reste.
Je n’en suis qu’à l’épisode 12 et déjà moult de personnage secondaires géniaux – Chrona l’autiste flippante de service, Médusa qui est une VRAIE méchante, Excalibur (qui met son pyjama la nuit (Et
oui) Le Dieu de la mort avec sa voix débile qu’on aime entendre en boucle, bref tout ça est extrêmement réjouissant.




Je suis incroyablement fanboy d’Excalibur. Un perso aussi insupportable remarque, ça me semble logique. BAAAAAKANE§

D’ailleurs les persos sont tous très … « différents », ils comportent tellement de signes distinctifs qu’on les mémorise instantanément, que ce soit grâce à leurs gimmick linguaux ou à tel ou tel
signe de reconnaissance supra symbolique (bandes blanches, tatouages, écusson, haut de forme) dans un univers tout aussi coloré et délirant. D’ailleurs, on dirait que Death City partage avec
Groland le fait d’être frontalier avec tout les autres pays du monde, les distances ont l’air d’y être assez réduites ah ah.
Là ou Battle Royale est parfois involontairement drôle dans sa débauche sanglante, Soul Eater offre des moments bien hilarants, que ce soir le passage qui suit ma première capture, les comiques de
répétitions avec les baffes du Shinigami-sama, des petites touches bien efficaces qui donnent le sourire et ouvrent les chakras. Et encore, on m’a promis un épisode imminent et hilarant mais aussi
pas mal de moments assez glauques. Ce qui me fait directement penser à FMA pour sa bonne ambiance générale ponctuée de quelques moments assez GLOUPS. Il me semble que les similitudes ne s’arrêtent
pas là : même studio, même pré-publication. Bref il en suit le chemin quoi.
Recette ultime de l’anime bourrin : le combat dans toute ses formes. Les amateurs seront servis, les différentes bastons étant accompagnés des enjeux scénaristiques/psychologie des personnages
habituels. C’est assez curieux : les personnages saignent énormément. Pour notre plus grand bonheur. Et c’est très bien comme ça. Et je le répète, je n’en ai vu que le quart.




Nota Bene : Soul Eater est le premier anime qui me fait réellement prendre du plaisir à entendre du japonais parlé. Le doublage est épatant, les gémissements de la pauvre Chrona me font frémir
mmhh.

Bonheur : ambiance musicale parfaite. Opening entraînant mais pas immémoriel, Ending qui envoie bien, les BGM sont bien plaisants et pas mal de références musicales sont distillées au fil du truc.
Ce qui est indubitablement un plus.
Donc premières impressions nettement plus hautes que celles du manga. Coloré, Burtonien oserais-je dire et gentiment gothique, persos charismatiques au possible (ce n’est pas nouveau, pour moi des
personnages réussis est un état de fait capital, cf post d’après), du bourrin, du subtil, du mesuré, on se retrouve quans j’ai terminé tout ça.
Et là aussi, un anime avec le mot « âme » aussi récurrent ne peut être que puissant.

Le choix est donc vite fait.

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