Daily Archives: 29 octobre 2006

Le genre humain

FÉTICHISME (subst. masc.) : "Système religieux consistant à faire de divers objets naturels ou façonnés les signes efficaces de puissances supra-humaines et à les utiliser dans des pratiques de magie."

Vacances. Intense soulagement. Les vacances tant attendues, dix jours de pseudo-repos qu’on voit passer trop vite. En attendant, carpe diem.

 

Ce week-end, je me suis arrangé pour éviter toutes les petites polémiques télévisuelles en effectuant un exercice de style vivement déconseillé aux sains d’esprit (je suis à moitié exclu, pas de culpabilité donc) c’est à dire regarder les trucs les plus cons possibles.

 

Après une tartine de Star Ac’ (prévisible) mon attention se porta sur M6, la petite chaîne qui vient, qui vient. (Qui monte! Désolé pour le lapsus.) Episodes de Sex and the City. Zut alors, c’est une série de qualité et de toutes façons je les ais déjà vu. Alors que faire? Zapper sur TF1, regarder Julien Courbet.

 

Mais oui, Courbet, le Zorro du PAF. Le défenseur de la veuve et de l’orphelin (notez que les deux ne sont pas incompatibles) le sieur Courbet, fidèle au poste, dans son émission phare Sans Aucun Doute. Vous n’être pas sans savoir que cette émission truculente consiste à régler, à la sauce "Talk-show", des conflits juridiquement inextricables. Laissant souvent la télé à cette heure là sans pour autant la regarder, je m’attendais  à trois types de reportages. Comme ça, pour le fun, je les entends souvent en bruit de fond.

 

1) La mère éplorée qui cherche à récupérer sa progéniture à l’issue d’un litige foireux. 2) Un problème de voisinage 3) Un marabout qui arnaque à tout va.

 

Hé ben. Ca n’a même pas loupé, et dans l’ordre en plus. On devrait remplacer le tiercé par les sujets de l’émission. 

 

Je plante le décor : Mr. C, l’air très affecté, est entouré par une confrérie d’avocats sur le coup. La victime entre, expose son problème. Et là, un inévitable rituel s’engage. La discussion va se tourner vers un fautif. Et attention, signal à la régie, sons pré-enrengistrès, séquence à valeur d’illustration pour montrer qu’à la régie, ils ne dorment pas. Et par le biais du téléphone, le prévenu s’exprime, avec une voix brouillée s’il vous plaît. Comme dans les cartoons, ou au contraire comme dans les pubs préventives contre la cigarette. Donc le débat reprends, puis quand le méchant de l’histoire dit qu’il peut concéder à telle ou telle situation, le public applaudit et on passe au cas suivant. Ils pourraient tous mettre des cagoules assorties et ce serait plus crédible.

 

Mais le plus drôle dans l’histoire, c’est quand arrive le moment du cas numéro 2. La c’est la poilade garantie. Car le reportage sur les faits vaut tous les films de Gabin, d’Audiard, de Murnau, réunis.

 

3 règles d’or sur les conflits de voisinages sur TF1. Primo : Les belligérants habitent à Floche-en-Zloup, ou à Trifouillis-les-Oies, c’est selon. Secundo : les concernés sont…euh comment dire…âgès et; Tertio : l’origine du conflit est une touffe d’herbe en travers dans le terrain du voisin. Et là c’est le pied intégral. Mr X et Mme Y s’engueulent sans vergogne devant la caméra. Elle est passive. La mise en scène est semblable à un western, plan de celui qui parle, de face, fixe. Et on fait un ping-pong, des joutes de réjouissances en tout genre, sans que personne de prête attention à l’objectif sous leur nez. On y croit. On peut écouter aussi, c’est moins jouissif mais assez caustique, surtout quand l’accent chti fait des siennes…

 

Mais attention! Il y a de la résistance passive, et de haut niveau je vous le dis. Vols de paillassons, vous voyez le genre. Mais se marrer en regarder nos amis campagnards s’étriper n’est pas l’objectif décris à notre temps de cerveau disponible, que nenni. Alors on organise la réconciliation, très spontanée et naturelle. Tout le monde est autour d’une table, le médiateur « hautement qualifié » au milieu. Le tout dans une salle bien sombre. Mais le dialogue ne passe pas, non. Et Ginette, elle se casse en plein milieu. Le médiateur tente de rattraper le coup (on s’attendrait à voir en bas de l’écran un synthé du type « Ginette est évaluée sur sa performance ») mais non, rien n’y fait. Et après ? On s’en fiche. C’était bien la peine de développer.

 

Après, rien de spécial. Un shaman « guérissologue » qui ne guérit pas. Et le client s’en est rendu compte un peu tard. Zut.

 

Après, la neige.

 

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